10 septembre 2008
Psychobox
De: Patrick Bateman
Envoyé: jeudi 30 mars 2000 10:43
À: Tex@tex_242.be
Objet: Mes livres préférés
Les librairies sont les discothèques de ce nouveau Millénaire, il y a plus à y boire et à y draguer que dans n'importe quel autre endroit. Une des innovations majeures de ces dernières années est l'émergence de campagnes de pub pour les livres de célébrités.
Mes livres préférés sont minutieusement inscrits dans un journal florentin relié, introduit pour la première fois en Europe au début du Moyen Age et utilisant un papier issu de la fabrique Amalfi (fabricant depuis le XIVe siècle) qui offre des conditions de lecture sans égales.
"L'Art de la Guerre" de Sun Tzu* est un guide incontournable pour quiconque recherche le succès.
"Les Mémoires d'une Geisha", si riche en dégradés et en ombres subtiles, est devenu un classique.
"La Tulipe" d'Anna Pavord propose une histoire exhaustive de l'unique fleur qui ait influé sur l'économie globale à travers les âges; le tout est rehaussé par de somptueuses et mémorables illustrations qui semblent donner vie à la fleur.
Mais finalement, c'est "Minuit dans le jardin du Bien et du Mal" de John Berendt - un incontournable au classement des meilleures ventes - qui se détache pour le charisme intense de son personnage central (aussi fascinant mort que vivant), et son sens du détail des petites et grandes heures de la vie à Savannah.
Virtuellement vôtre,
Patrick Bateman.
* Téléchargeable ici : suntzu (en pdf)
20 août 2008
Autodafé graveleux
Au delà du débat sur le sujet exposé, au delà de l'endroit où le Banquet a eu lieu, au delà de la manière qui peut sembler maladroite aux yeux de certains..., c'est attristé par la bêtise de ces nouveaux inquisiteurs - qui manifestement sont lettrés - que je publie ce nouvel Autodafé.
Voici un résumé de la situation telle qu'elle fut publiée dans le Livre Hebdo du mois d'août 2007 et sur Rue89 :
La librairie du Banquet du Livre saccagée
Publié le 09 août 2007 par c.f.
Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 août, des inconnus ont pénétré par effraction dans l’abbaye de Lagrasse et aspergé de gas-oil les 12 000 ouvrages exposés dans la librairie.
Le dixième « Banquet du livre » de Lagrasse (Aude) a été victime d’un
important acte de vandalisme. Sa librairie de plus de 10 000 ouvrages,
organisée dans le réfectoire de l’ancienne abbaye médiévale, a été
entièrement saccagée durant la nuit de mercredi à jeudi,entraînant de
lourds dégâts. Le SRPJ de Carcassonne, arrivé sur place dans la
matinée, a procédé aux premières constatations.
C’est
à dix heures ce matin, en ouvrant les portes de la grande salle voûtée,
que les organisateurs du Banquet ont découvert le drame : les 12 000
volumes soigneusement choisis par Christian Thorel, le patron de la
librairie Ombres Blanches de Toulouse, pour répondre aux thèmes traités
cette année étaient maculés d’un mélange de gas-oil et d’huile de
vidange. Un premier geste avant d’enflammer l’ensemble ? L’enquête
devra le déterminer. A cette heure, en tout cas, les faits n’ont pas
été revendiqués.
Cette édition du « Banquet du livre » qui se
tient traditionnellement au cœur du pays cathare, s’est d’emblée située
sur fond de polémique. Le thème choisi cette année, « La nuit sexuelle
», en hommage à Pascal Quignard* invité d’honneur, avait paru bien
sulfureux à la communauté religieuse qui occupe une autre partie de
l’abbaye. Les chanoines réguliers de la Mère de Dieu sont en effet
installés depuis 2004 dans l’édifice dont ils partagent en quelque
sorte la co-propriété avec le Conseil général de l’Aude et où se tient
la manifestation culturelle. L’écho des chants grégoriens était
d’ailleurs perceptibles, alors que le « Banquet du livre » offrait des
lectures fort osées, comme celle de La vie sexuelle de Catherine M.,
de Catherine Millet. Rien ne permet cependant d’affirmer que le grave
saccage dont a été victime la librairie soit lié aux protestations
émises par la communauté religieuse et dont la presse locale s’était
fait l’écho.
Dans un communiqué, l’association Marque-Page
organisatrice du Banquet du livre avec les éditions Verdier annonce sa
décision de maintenir le programme de la manifestation jusqu’à la date
prévue pour sa clôture, vendredi 10 août.
Autodafé à l'huile de vidange à l'Abbaye de Lagrasse
© Mairie de Lagrasse 2008
Par David Servenay | Rue89 | 10/08/2007
Les 600 Lagrassiens se sont réveillés dans une drôle d’atmosphère, jeudi matin. Dans la nuit, ce petit village des Corbières a été le théâtre d’un moderne autodafé: près de 10000 livres consciencieusement souillés, un à un, par un mélange d’huile de vidange et de gasoil. Montant du préjudice: entre 60000 et 80000 euros. D’après les premières constatations des gendarmes de Carcassonne, les « Inquisiteurs » ont probablement fracturé une meurtrière pour pénétrer dans l’abbaye qui abritait la librairie temporaire du dixième festival annuel Le Banquet du Livre. Un « acte de foi » relaté et dénoncé par les éditions Verdier et l’un des organisateurs du Banquet, Jean-Michel Mariou…
« Les 120 journées de Sodome » dans l’abbaye
Dans le village, on est plutôt fier de cette abbaye médiévale fondée par Charlemagne et coupée en deux par la Révolution: d’un côté, la partie laïque, aujourd’hui gérée par le Conseil général de l’Aude, de l’autre, la partie religieuse, occupée par les chanoines réguliers de la Mère de Dieu. Les seconds se sont installés là contre l’avis du premier qui voulait récupérer la totalité du bâtiment. En ces terres hérétiques, chacun campe sur son quant-à-soi, le bâtiment étant complètement séparé par un mur. Jusqu’à cette dixième édition du Banquet, les relations étaient plutôt cordiales. Mais le thème retenu cette année a raidi les positions.
L’association Marque Page a décidé de rendre hommage à l’oeuvre du romancier Pascal Quignard, auteur de « la Nuit sexuelle ». Le roman, qui sort en octobre, « essaie de montrer que notre civilisation de l’image reflète l’impossibilité de montrer l’immontrable » explique Béatrice Mocquard, des éditions Flammarion. En clair, il interroge les représentations de la sexualité dans l’art, notamment la peinture. L’écrivain a donc été convié à présenter son ouvrage au milieu d’autres œuvres, la programmation incluant une projection de « Salo ou les 120 journées de Sodome », le film de Pasolini, L’Empire des Sens de Nagisa Oshima… etc. Pas de quoi fouetter un chat.
« L’abbaye doit être réunifiée »
Samedi 4 août, dans un article alarmant, le Figaro se fait l’écho des inquiétudes ecclésiales. « La polémique fait rage dans ce joyau du pays cathare » commence le papier, rapportant les propos du Père-abbé Emmanuel-Marie: « Ce sont des habitants du village qui sont venus nous prévenir du thème de la manifestation, dit-il. Pour eux, il s’agit d’une profanation de ce lieu à vocation spirituelle. » Pas de menace ou de mise à l’index dans les propos du chanoine, mais un vague soupçon: « Je souhaite de tout mon coeur qu’il ne s’agit pas d’une provocation. » Le président (PS) du Conseil général s’en agace: « Les jours suivants, j’ai bien reçu cinq mails insultants, anonymes ou signés, dit Marcel Rainaud, mais j’en ai sourit. » Aujourd’hui, il rit jaune: « S’attaquer à des livres, c’est le retour au XIIIe siècle et la Nuit de Cristal! » Y-a-t-il un rapport avec le conflit qui l’a opposé à la communauté chrétienne? « Rien à voir avec notre différend immobilier, ajoute Rainaud, nous considérons simplement que l’abbaye doit être rachetée par la collectivité et réunifiée ». Les chanoines n’ont pas répondu aux appels de Rue89.
L’écrivain Catherine Millet -proche de Quignard dans sa démarche artistique d’interrogation de la sexualité et qui s’est rendue à Lagrasse- attaque plus frontalement le quotidien: « Il faut stigmatiser le travail du Figaro, soulignant le fait qu’il y avait des polémiques religieuses et politiques, en les mélangeant et alertant des extrémistes qui ne savaient sûrement pas que ce festival existait. » Evidemment, jeudi matin, après la découverte du saccage, la condamnation est unanime. Y compris de la part du père-abbé comme le relate la Dépêche du Midi. Le responsable du Banquet du Livre, Jean-Michel Mariou, a son idée sur les possibles auteurs de cette expédition punitive…
Des soupçons corroborés par le vice-procureur de Carcassonne qui, sans privilégier une piste plutôt qu’une autre, a relevé l’importance des e-mails de menaces et le récent activisme du site de « chrétiens engagés », Unitas.fr. « La concomitance est troublante », a assuré Florence Galtier vendredi, lors d’une conférence de presse, en révélant que des auditions sont en cours.
« Dimanche matin, nous sommes allés à la messe, conclut Catherine Millet, car l’abbaye est magnifique et que la messe y est très belle… et bien le Chanoine était très content de nous accueillir. Je trouve cela désolant ce genre d’agression, car le libraire (Christian Thorel, patron d’Ombres Blanches à Toulouse, NDLR) avait beaucoup travaillé sur son fond pour exposer des livres rares ou difficiles à trouver. J’en ai d’ailleurs acheté plusieurs. C’est aussi cela qui a été saccagé: le travail d’intellectuel du libraire. Je suis de la génération de 68, où on a vécu dans l’illusion que les mœurs allait évoluer. En fait, non, soupire-t-elle, il faut toujours lutter contre l’intolérance. »
A Lagrasse, on s’interroge sur la présence dans les environs de groupes des Scouts d’Europe. L’un d’eux, d’ailleurs, est hébergé dans l’abbaye de la discorde.
La dernière phrase de l'article m'a interloqué car elle me fit tout de suite penser au site Indignations.org dont Tatum parlait - ici - il y a quelques semaines. Ce site** qui se révèle être d'un radicalisme assez douteux est webmasteurisé par un scout convaincu et pratiquant***. A vous de juger. En tout cas, il n'y a pas que chez les ennemis de Salman Rushdie qu'il y a des destructeurs de livres en puissance.
Les coupables furent-ils trouvés? Mystère. En tout cas, je n'ai réussi à mettre la main sur aucune publication à ce sujet sur le Net. Si vous avez une info, n'hésitez pas à me la transmettre, je ferai suivre dans ces pages.
Pour conclure sur une note de pure poésie cette fois, voici un petit film d'Alexander Kapranos qui partager avec nous sa visite de LA grotte.
:::-:::
*Une intéressante interview de l'auteur est publiée ici.
** Info trouvée dans Whois.
*** http://www.fraternite.net/xavier.htm
Pour info, Passouline a également posté un article sur le sujet ici.
31 juillet 2008
Libraires portugais, liègeois et bibliothécaires, même combat?
© ACBM
Actualité.com m'a appris que la librairie Byblos de Lisbonne a franchi le cap et utilise désormais des puces RFID.
Un des avantages de ces puces réside en un gain de temps considérable aux caisses. Je crois que la fin de cette vidéo suffira à vous convaincre :
Tout n'est cependant pas rose.
"Le libraire espère bien que son système permettra d'améliorer le service proposé au consommateur, le contrôle de son inventaire ainsi que la sécurité." A mes yeux, il ne s'agit que d'un pas de plus vers une déshumanisation des hyper-librairies avec une réduction des contacts humains. En outre, le/la caissier(-ère)-libraire sera encore un peu plus dévalorisé(e) et ne verra plus que des piles passer devant lui(elle), aura moins de contact avec les clients,...
"Selon le libraire, les puces RFID ont amélioré le temps d'attente passé à la caisse de 65 % et ont réduit celui passé à faire les inventaires de 30 %." Le consommateur sera donc gagnant si - outre un temps d'attente réduit à la caisse - on considère que le fait de rechercher une livre sur une borne et d'avoir sa cote de rangement soit un gain. On se rapproche ici des OPAC des bibliothèques publiques mais la finalité diffère. Des emplois vont encore passer à la trappe.
Il est d'ailleurs intéressant de pointer le fait que le métier de libraire en hyper-librairie se rapproche de plus en plus de celui de caissier(ère) en hyper-marché. Voyez donc ce petit passage tiré du blog d'Anna Sam** (Caissière no Futur) :
Un constat cependant.
L'employé passe de moins en moins de temps
avec chaque client et on lui demande un accueil ultra positif dans un
temps de plus en plus limité.
Plus de clients par heure, plus d'articles par minute, plus d'argent
échangé... et une considération de plus en plus difficile à acquérir...
Alors
dans ce monde actuel où l'on veut tout, tout de suite, service et
accueil compris en trois minutes chronos, chers clients osez un bonjour
et un sourire à la caissière. Cela redonnera un côté humain à votre
passage en caisse.
Et vous chère
caissière, qui dans ce monde du travail où tout doit aller vite,
toujours plus vite, prenez un instant pour regarder le client qu'il y a
face à vous, osez aussi un bonjour et un sourire. Cela redonnera un
côté humain à son passage en caisse et à votre travail.
Et demain ? E-commerce ou hypermarchés de plus en plus grands ? Et si l'on revenait vers les commerces de détail ?
Dans Le Soir de lundi, on pouvait lire que les bibliothécaires sont inquiets face à Internet*. J'adhère à cet article mais pas à ceci : « Au début du net, les ados délaissaient l’écrit. Mais, petit à petit, ils y retournent parce qu’ils constatent les limites du web, observe Bernard Mouton, bibliothécaire.(...)» J'ignore quels sont les jeunes que ce Monsieur fréquente, j'ai peut-être une très mauvaise image de la jeunesse mais il me semble qu'il est en plein délire. Sur quoi se base-t-il pour affirmer une telle chose? Il se base peut-être sur le public de sa bibliothèque? Ces jeunes lecteurs sont-ils représentatifs de la jeunesse actuelle? J'ai du mal à le croire et tout porte à penser qu'il se trompe...
En reprenant le titre de l'article, ne peut-on pas se poser la question suivante? :
Les libraires ne doivent-ils pas être inquiets face au RFID tout comme les bibliothécaires peuvent l'être face à Internet?
Les résultats de l'étude dont je parlais dans un post intitulé "La génération "Copier-Coller", une génération en péril?" sont arrivés. Le rapport de synthèse de
l'enquête CIUF/EduDOC sur les compétences informationnelles et
documentaires des étudiants qui accèdent à l'enseignement supérieur en
Communauté française de Belgique sont accessibles sur le site edudoc.be
(PDF)
et sur le site ciuf.be. Ces résultats ne nous informent pas sur l'éventuel retour au papier dont nous parle ce monsieur mais je ne résiste pas à pointer ici quelques hypothèses.
Hypothèse 3 : la disposition d’une connexion Internet à domicile a un impact sur le niveau de performance et celui-ci ne se réduit pas au niveau socio-économique de la famille.
Hypothèse 4 : la fréquentation d’une bibliothèque ou d’un centre de documentation au cours de l’enseignement secondaire favorise le niveau de performance.
Hypothèse 7 : le fait d’avoir une option forte (6 h ou plus) en dernière année de l’enseignement secondaire, en mathématiques, sciences, langues anciennes ou en langue maternelle, quelle qu’elle soit, a une influence sur le niveau de performance.
Que répondriez-vous à ces trois hypothèses?
Je serais, à froid, arrivé aux mêmes conclusions que l'enquête mais quelle aurait été la valeur de celles-ci? Ce qui est intéressant ici, c'est qu'il s'agit d'un rapport basé sur une enquête empirique avec tout ce que ceci sous-entend. La synthèse sera, je l'espère, utilisée à bon escient et aidera les formateurs à inverser la donne afin que les étudiants accèdent, un jour, à l'enseignement supérieur avec un réel bagage qui puisse leur permettre d'entamer des recherches documentaires avec un minimum d'esprit critique.
Pour conclure, je parlerai d'un autre combat, toujours découvert sur Actualité.com, mené par les libraires liégeois. Les libraires de Liège dormiront tranquilles. Un gang de jeunes aurait récemment dévalisé les librairies*** de la ville de Liège. Ils viennent d'être arrêtés et tous sont mineurs. Après ça, il y en a qui diront que les jeunes ne lisent plus... a moins que l'objet de leur délit fut autre?
*Les bibliothécaires inquiets face à l’internet un article du 
**Les tribulations d'une caissière / Anna Sam. - Paris : Stock, 2008. - 200 p. ; 22 cm. - (Document, ISSN 0761-4616)
ISBN 978-2-234-06163-7
*** Il s'agit probablement de Press Shop, l'amalgame étant malheureusement de plus en plus fréquent.
30 mai 2008
Poudoupoudoupoudou !
La question que je me pose depuis la nuit des temps à savoir
"Comment faire pour qu'un témoin de Jéhovah s'en aille?"
vient en fin de trouver une réponse irréalisable mais empreinte de poésie...
Différents cas de figure m'ont déjà été exposés :
- La solution du croyant, répondre "Je suis catholique pratiquant et convaincu", elle fonctionne paraît-il mais je n'aime pas mentir.
- On peut être agressif, sur la défensive mais ils reviennent quand même pensant probablement qu'on a besoin de l'aide de leur Dieu.
- La solution allemande à savoir accueillir le témoin dans le plus simple appareil. Ma pudeur m'interdit une telle pratique je n'ai jamais essayé.
- L'absence de signe de vie, ils reviennent encore plus vite.
- Avoir un témoin de Jéhovah marié à une personne qui ne l'est pas dans sa rue. C'est un des meilleurs moyens, ils ne passent JAMAIS!
- La solution choisie par Bernard Black dans Black Books pour échapper à sa déclaration d'impôts à savoir les faire entrer avec un grand sourire, leur proposer un siège, du thé, les écouter, leur demander des livres (erreur ultime à ne pas commettre car là, on est fiché définitivement) et les laisser exercer leur mission. Ça donne ça (source : wikiquote) :
(...)[Bernard is trying in vain to do his taxes; there is a knock at the door]
- Bernard: Oh, thank Christ!
[Bernard opens the door to reveal two Jehovah's witness']
- Jehovah's Witness #1: Hello. We were wondering if we could talk to you about Jesus?
- Bernard: ... Great! Come in! [waves them in]
- Jehovah's Witness #1: [Stunned] What?
- Bernard: I'd love to hear about Jesus. What's he up to now?
- Jehovah's Witness #2: It's a trap!!
- [After being admitted to the shop to discuss Jesus; Bernard is waiting for the Jehovah's Witnesses to start]
- Jehovah's Witness #1: Well, to be honest... we've never actually thought this far ahead. [Looks around] It's nice this... indoors.
- Bernard: So, so what's your favourite story about Jesus?
- [Pause. The two Jehovah's Witnesses think very hard]
- Jehovah's Witness #1: Oh yes! The one where Jesus rescues the Samaritan.
- Bernard: No, that's a story Jesus tells about a Samaritan who rescues someone else.
- Jehovah's Witness #1: [Surprised] Really?
- (...)
- Enfin, il y a LA solution dépeinte dans le petit bijou dont je déguste quelques pages chaque jour :
*
© Raimund Koch / Getty images
(...)
En bon gardien, le libraire suivait la vie de ses livres, saluait ceux qui partaient et accueillait les nouveaux venus. Il veillait sur leur sommeil, sur leur propreté et vers midi, le libraire allait jusqu'à nourrir ses livres, c'est à dire qu'il en prenait quelques-uns au hasard et en lisait des passages aux autres, à voix haute, en marchant dans les allées.
Un nouveau témoin de Jéhovah entra dans la librairie.
Le libraire le salua sans s'arrêter de lire.
Le témoin rendit son salut au libraire et attendit en l'écoutant.
Alors, sans que le témoin rendit son salut au libraire et attendit en l'écoutant.
Alors, sans que le témoin s'en rende compte, le libraire ne choisit plus ses lectures au hasard et lorsqu'il s'arrêta, le témoin remercia simplement le libraire, avant de s'en aller en oubliant complètement de lui parler de la joie de la beauté de la vie, mais joyeux lui-même, et beau aussi.
Poudoupoudoupoudou !
(...)
*Le libraire / Régis de Sá Moreira. - Paris : Librairie
générale française, 2007. - 189 p. :
couv. ill. en coul. ; 18 cm. - (Le livre de poche ; 30619)
19 mai 2008
El Péndulo
Mexico peut se targuer, depuis plus de 15 ans, d'avoir d'après The Guardian - que je n'ai pas beaucoup de mal à croire - une des 10 plus belles librairies au Monde : El Péndulo. Il s'agit en fait à la fois d'une librairie, d'un disquaire, d'une salle d'expo, d'événements artistiques et d'un café.

Cafebreria El Péndulo © Pendulo
Le Pendule qui oscille au centre de l'édifice est-il factice ou sa mise en rotation nous ouvrira-t-elle un passage vers le bureau de l'Archiviste?
L'archiviste Isodore Louis © François Schuiten
15 mai 2008
Bibliothèque anglaise
Avez-vous déjà hanté la section librairie anglaise de Cook and Book (à la place du Temps Libre à Bruxelles)??? En tout cas, elle a réussi à me donner envie d'y faire un tour...
© librairie Cook and Book
Une maison AVEC ou sans bibliothèque?
*Du plus loin que je me souvienne, j'aime le compagnonnage des livres. La chance a voulu que l'on m'en offre beaucoup dès la petite enfance. Avancer dans la vie bardée de papier imprimé est une manière de se protéger des duretés de l'existence, de s'éclairer. Une maison sans bibliothèque m'est toujours étrangère, voire hostile.

Couverture de "L'auteur et son libraire" © François Schuiten
Elle me semble "déshabitée", privée de cette peau particulière et vitale que forment les volumes flanc contre flanc le long des murs. C'est pourquoi sans doute j'ai fréquenté très tôt les librairies. Une maison des livres est plus qu'une maison. Elle est un refuge, un antre, un lieu où l'immobilité est le signe du voyage. Le lecteur, on le sait, est le plus sédentaire des grands voyageurs. (...)
*Du plus loin que je me souvienne / Michèle Gazier. - in "L'auteur et son libraire. - Bruxelles : éd. D. Devillez, 2006. - p. 21-26"
14 mai 2008
Maastricht
Le dernier post de Daniel Garcia sur sa visite à la librairie "Selexyz" de Maastricht, m'a rappelé ces librairies et ces cathédrales qui nous assomment par la mémoire qu'elles contiennent. Sacrilège pour certains, l'essence même des cathédrales ne se retrouve-t-il pas dans la nouvelle fonction attribuée à celle de Maastricht?

La Philosophie © André Bailly
Portail du Jugement dernier
Notre-Dame de Paris
A la fois livre ouvert et livre fermé, une cathédrale, au Moyen Age, n'était pas qu'un lieu de prière. Point convergent de la cité, ce livre de pierre, par ses sculptures et ses vitraux, permettait au peuple de s'instruire et de, peut-être, grimper quelques-un des échelons qui mènent au savoir. L'église-librairie de Maastricht n'est-elle pas de ce point de vue la digne descendante des Cathédrales Gothiques?







