Gothic SENEBRUS

Lieu de passage entre Tlön et Urbicande...

07 août 2009

Autodafé numérique

george_orwell_on_kindle_300x278
Georges Orwell © ?

300px_Pin_WWW_logo_Robert_cailliauCette info a été relayée ici et il y a quelques jours déjà et a fait couler beaucoup d'encre sur la toile* :

« Voici nos excuses pour la manière dont nous avons traité le problème des exemplaires de “1984” et d'autres romans qui avaient été vendus illégalement sur le Kindle. Notre “solution” au problème était stupide, inconséquente et douloureusement en dehors de nos principes.

C'est notre entière responsabilité et nous méritons les critiques que nous avons reçues. Nous utiliserons le pansement sur la cicatrice de cette pénible erreur pour prendre de meilleures décisions à l'avenir, compatibles avec notre mission.

Avec nos excuses profondes à nos clients,

Jeff Bezos
Fondateur et PDG
Amazon.com »

Eh oui, plus besoin de flammes pour faire un autodafé à l'heure du tout numérique.

*Le dernier texte lu à ce sujet parle d'une attaque en justice qui risque de rapporter gros : http://www.ebouquin.fr/2009/07/31/un-etudiant-poursuit-amazon-en-justice/

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26 décembre 2008

Site de bib

J'ai l'honneur de vous présenter le pire site de bibliothèque du monde entier. Le site de la bibliothèque des Chiroux mais que font-ils donc à Liège??? : http://bib.chiroux-croisiers.liege.be/

chiroux


Enfin, tout n'est pas perdu comme en témoigne un de mes billets précédents consacrés à l'OPAC de la bibliothèque provinciale.

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08 décembre 2008

B.G.

Ce lundi matin, je découvre que Le soir* de samedi annonçait la mort des mails. De son côté,  La Libre publie une vidéo intitulée Did you know 3.0. Même s'il est vrai qu'une tranche de la population utilise de moins en moins l'email, je pense que, à l'instar du FAX qui est toujours utilisé dans les administrations, il a encore de beaux jours devant lui (malgré ses lacunes : fishing, spams, lenteur,...).

Voici la vidéo :

 


Pour en savoir plus sur le pourquoi du comment de cette vidéo, cliquez ici : http://shifthappens.wikispaces.com/.

Le Dr. Scott McLeod est coordinateur du Educational Administration program at Iowa State University et directeur de l'UCEA Center for the Advanced Study of Technology Leadership in Education (CASTLE).
D'autres présentations de Karl Fisch sont consultables ici : http://www.lps.k12.co.us/schools/arapahoe/fisch/fischbowlpresentations.htm
*Bye-Bye e-mail ! / Alain Jennotte

 

**B.G. = Before Google. Tout un programme!!!

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23 novembre 2008

Pour les blogo-geeks

Le premier jeu télé sur le Web.

La saison 1 accueillera des bloggeurs dont certains ont une place dans mon Google Reader. Affaire à suivre dès ce lundi... pour se faire une opinion!

Jamais sans mon répertoire ! / blogauteurs

 


Le Teaser JAMAIS SANS MON REPERTOIRE / JamaisSansMonRepertoire 

*Lien découvert via Thomas Clément


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31 juillet 2008

Libraires portugais, liègeois et bibliothécaires, même combat?

RFID1

© ACBM

Actualité.com m'a appris que la librairie Byblos de Lisbonne a franchi le cap et utilise désormais des puces RFID.
Un des avantages de ces puces réside en un gain de temps considérable aux caisses. Je crois que la fin de cette vidéo suffira à vous convaincre :

 

 

Tout n'est cependant pas rose.

"Le libraire espère bien que son système permettra d'améliorer le service proposé au consommateur, le contrôle de son inventaire ainsi que la sécurité." A mes yeux, il ne s'agit que d'un pas de plus vers une déshumanisation des hyper-librairies avec une réduction des contacts humains. En outre, le/la caissier(-ère)-libraire sera encore un peu plus dévalorisé(e) et ne verra plus que des piles passer devant lui(elle), aura moins de contact avec les clients,...

"Selon le libraire, les puces RFID ont amélioré le temps d'attente passé à la caisse de 65 % et ont réduit celui passé à faire les inventaires de 30 %." Le consommateur sera donc gagnant si  -  outre un temps d'attente réduit à la caisse - on considère que le fait de rechercher une livre sur une borne et d'avoir sa cote de rangement soit un gain. On se rapproche ici des OPAC des bibliothèques publiques mais la finalité diffère. Des emplois vont encore passer à la trappe.

Il est d'ailleurs intéressant de pointer le fait que le métier de libraire en hyper-librairie se rapproche de plus en plus de celui de caissier(ère) en hyper-marché. Voyez donc ce petit passage tiré du blog d'Anna Sam** (Caissière no Futur) :

tribUn constat cependant.
L'employé passe de moins en moins de temps avec chaque client et on lui demande un accueil ultra positif dans un temps de plus en plus limité.
Plus de clients par heure, plus d'articles par minute, plus d'argent échangé... et une considération de plus en plus difficile à acquérir...

Alors dans ce monde actuel où l'on veut tout, tout de suite, service et accueil compris en trois minutes chronos, chers clients osez un bonjour et un sourire à la caissière. Cela redonnera un côté humain à votre passage en caisse.
Et vous chère caissière, qui dans ce monde du travail où tout doit aller vite, toujours plus vite, prenez un instant pour regarder le client qu'il y a face à vous, osez aussi un bonjour et un sourire. Cela redonnera un côté humain à son passage en caisse et à votre travail.


    Et demain ? E-commerce ou hypermarchés de plus en plus grands ? Et si l'on revenait vers les commerces de détail ?
           




Dans Le Soir de lundi, on pouvait lire que les bibliothécaires sont inquiets face à Internet*. J'adhère à cet article mais pas à ceci : « Au début du net, les ados délaissaient l’écrit. Mais, petit à petit, ils y retournent parce qu’ils constatent les limites du web, observe Bernard Mouton, bibliothécaire.(...)» J'ignore quels sont les jeunes que ce Monsieur fréquente, j'ai peut-être une très mauvaise image de la jeunesse mais il me semble qu'il est en plein délire. Sur quoi se base-t-il pour affirmer une telle chose? Il se base peut-être sur le public de sa bibliothèque? Ces jeunes lecteurs sont-ils représentatifs de la jeunesse actuelle? J'ai du mal à le croire et tout porte à penser qu'il se trompe...

En reprenant le titre de l'article, ne peut-on pas se poser la question suivante? :

Les libraires ne doivent-ils pas être inquiets face au RFID tout comme les bibliothécaires peuvent l'être face à Internet?


eduLes résultats de l'étude dont je parlais dans un post intitulé "La génération "Copier-Coller", une génération en péril?" sont arrivés. Le rapport de synthèse de l'enquête CIUF/EduDOC sur les compétences informationnelles et documentaires des étudiants qui accèdent à l'enseignement supérieur en Communauté française de Belgique sont accessibles sur le site edudoc.be (PDF) et sur le site ciuf.be. Ces résultats ne nous informent pas sur l'éventuel retour au papier dont nous parle ce monsieur mais je ne résiste pas à pointer ici quelques hypothèses.

Hypothèse 3 : la disposition d’une connexion Internet à domicile a un impact sur le niveau de performance et celui-ci ne se réduit pas au niveau socio-économique de la famille.
 

Hypothèse 4 : la fréquentation d’une bibliothèque ou d’un centre de documentation au cours de l’enseignement secondaire favorise le niveau de performance.

Hypothèse 7 : le fait d’avoir une option forte (6 h ou plus) en dernière année de l’enseignement secondaire, en mathématiques, sciences, langues anciennes ou en langue maternelle, quelle qu’elle soit, a une influence sur le niveau de performance.

Que répondriez-vous à ces trois hypothèses?

Je serais, à froid, arrivé aux mêmes conclusions que l'enquête mais quelle aurait été la valeur de celles-ci? Ce qui est intéressant ici, c'est qu'il s'agit d'un rapport basé sur une enquête empirique avec tout ce que ceci sous-entend.  La synthèse sera, je l'espère, utilisée à bon escient et aidera les formateurs à inverser la donne afin que les étudiants accèdent, un jour, à l'enseignement supérieur avec un réel bagage qui puisse leur permettre d'entamer des recherches documentaires avec un minimum d'esprit critique. 

Pour conclure, je parlerai d'un autre combat, toujours découvert sur Actualité.com, mené par les libraires liégeois. Les libraires de Liège dormiront tranquilles. Un gang de jeunes aurait récemment dévalisé les librairies*** de la ville de Liège. Ils viennent d'être arrêtés et tous sont mineurs. Après ça, il y en a qui diront que les jeunes ne lisent plus... a moins que l'objet de leur délit fut autre?

*Les bibliothécaires inquiets face à l’internet un article du 

**Les tribulations d'une caissière / Anna Sam. - Paris : Stock, 2008. - 200 p. ; 22 cm. - (Document, ISSN 0761-4616)
ISBN 978-2-234-06163-7

*** Il s'agit probablement de Press Shop, l'amalgame étant malheureusement de plus en plus fréquent.



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24 juillet 2008

Bd 2.0


Il fallait que ça arrive un jour!

Je m'interroge fréquemment sur l'avenir du livre, des bibliothèques, des médiathèques,... mais jamais, jusqu'à ce jour, je ne me suis demandé quel avenir pouvait-être réservé à la bande dessinée.

Ce midi, je suis tombé sur un article du journal Le Monde.fr* qui parle de Foolstrip, la première maison d'édition de BD en ligne qui préfigure peut-être ce que sera la BD de demain. Un support de BD qui, malgré les nombreux sites qui le proposent déjà, a du mal à m'amadouer. L'odeur du papier, le craquement de la reliure, la lecture des titres sur une étagère, le bruit du papier lorsqu'on tourne la page, le format des cases choisi en fonction du support final (ici, la résolution, la luminosité, le contraste changent d'un écran à un autre)... Autant de petites choses qui n'existeront plus avec le transfert de la BD sur support informatique.

Voici quelques extraits de l'article : (...) "Notre volonté est au contraire de repérer des auteurs, de les promouvoir et de les rémunérer pour leur travail comme le font toutes les maisons d'édition traditionnelles", explique Anthony Maréchal, président de Foolstrip.

Comme les autres donc et pourtant si différent. Car, en faisant le choix d'Internet, Foolstrip abandonne du même coup la publication "papier" pour miser entièrement sur l'essor du numérique. "Pour nous, il est évident que c'est là qu'est l'avenir de l'édition, reprend Vincent Demons. Ça s'est passé comme ça pour la musique, pour les films ; ça devrait être pareil pour la bande dessinée." Et de parier, notamment, sur le développement des supports de lecture nomades, tels que l'e-book, de Macintosh. "La France est encore en retard, mais au Japon et aux Etats-Unis, les catalogues numériques sont déjà très développés", précise-t-il.

(...) Un pari technique qui pourrait assurer la viabilité de la jeune maison dans le monde de l'édition. En 2007, sur les 254 éditeurs du marché, seuls 17 ont produit les trois quarts des 3 312 nouveautés du neuvième art. "Avec la publication Internet, nous pouvons aussi toucher un autre public, s'enthousiasme le directeur. Un lectorat plus technologique et plus universel."

En proposant des versions traduites de ses "webcomics" en anglais, en allemand et, prochainement, en espagnol, en chinois et en japonais, Foolstrip entend déjà faire sortir la bande dessinée franco-belge de ses frontières. Et faire de la "bd 2.0" la case marquante de l'édition.

Qu'ils repèrent des auteurs, les promeuvent et les rémunèrent - le tout via Internet - est honorable mais que Foolstrip abandonne la publication papier, je trouve que ceci est dommage. Le fétichiste qu'il m'arrive d'être a du mal à être objectif face à une telle "nouveauté".

Ma conception du médium BD est en effet tout autre que celle qui existe aux States ou en Asie. Là-bas, on lit et on jette.  La BD fait partie de la consommation de masse. Le format, le papier choisi, la mise en page, les bulles,... tout pousse à aller vite et à ne pas conserver. La BD est le vecteur, dans la plupart des cas, d'une histoire bien ficelée sans plus. On est loin de la recherche graphique, stylistique,... que j'aime tellement dans "notre" bande dessinée.

Je ne dis pas ici que les BD éditées par Foolstrip sont mauvaises mais comparer la France aux Etats-Unis et au Japon est un raccourci que je ne me permettrais pas. Ce sont des marchés très différents qu'il convient d'aborder en fonction de leurs spécificités...

Est-ce que je doute de la réussite de ce nouveau site?
Non car le risque qu'ils se plantent est faible à partir du moment où cela est fait intelligemment et que les BD sont consultables gratuitement en ligne (seulement dans un premier temps?).

Le public est-il prêt? Je pense que le boom des Mangas reflète un changement assez net et le jeune lectorat est probablement prêt à franchir le cap. Je me rends régulièrement sur des sites de BD consultables en ligne mais il est vrai que la qualité est souvent moyenne voire même médiocre même si il m'arrive de passer de bons moments en les lisant et d'y revenir.

Les prix pratiquées sont-ils réalistes? Oui, les strips sont consultables gratuitement. Et, pour quelqu'un qui est prêt à acheter de la littérature en ligne, 3€ pour un magazine dont le contenu a l'air assez alléchant, ce n'est pas énorme. Par contre, je ne l'achèterai pas car il faudra que je le lise sur mon ordi, que je l'imprime et là, j'ai du mal. Je ne suis pas prêt.

Enfin, l'exemple cité par Monsieur Maréchal, à savoir, l'e-book de Macintosh m'interpelle et me laisse croire qu'il n'est pas au courant des dernières nouveautés en la matière. Il parle de choses qu'il ne connaît en apparence, en tout cas pas beaucoup mieux que moi. C'est un comble quand on se dit être la première maison d'édition de bandes dessinées en ligne.

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Newton-iPhone © Coolest-Gadgets

Le Newton de Macintosh - bien qu'il fût en avance de 10 ans au moins sur son temps -  été un fiasco qui fut vite abandonné dès le retour de Steve Jobs. Les iBook étaient des portables colorés très performants mais les e-books de Mac, je ne connais pas!
Je suppose qu'il voulait parler de l'iPhone qui intègre entre autres un logiciel de lecture de PDF et grâce (ou à cause) auquel l'ebook risque peut-être tout doucement de faire sa première vraie percée. Il est peut-être même possible qu'il ait souhaité parler de Redux...

Les dessinateurs de BD avaient-ils besoin d'une telle maison d'édition? Je n'en sais rien mais poser la question n'est-ce pas déjà y répondre?

Enfin, pourquoi avoir choisi ce nom? Je n'ai pas d'Harraps sous la main mais, pour moi et pour la plupart des lecteurs francophones qui ont des connaissances basiques en anglais, fool signifie idiot... Je suppose qu'un Foolstrip désigne une mini BD, qui, à la manière du chat de Geluck dit tout en quelques cases. On va dire que je critique pour critiquer mais franchement, le choix du nom n'est-il pas malheureux? Aura-t-il une signification aux yeux du lectorat  non-anglophone qui ignore à quoi ce terme fait réellement référence? Je terminerai en proposant une alternative au cas où une autre société souhaite se lancer dans ce business : Badstrip. Ça sonne bien, c'est accrocheur, jeune et universel...

La BD consultable en ligne me laisse donc actuellement sur ma faim et je le resterai tant que je n'aurai pas eu de vrai coup de coeur. Foolstrip et les autres BD publiées sur internet se limitent pour l'instant à de bons délassements, à quelques cases mais rarement à de la vraie BD avec tout ce que cela sous entend, abstraction faite du support évidemment.

Je reviendrai très bientôt sur ce type de BD.

Affaire à suivre.

 *Foolstrip dessine le visage numérique de la BD de demain / Tiphaine Réto. - Le Monde, 17 juillet 2008



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