02 septembre 2008
D'une non-rentrée à un non-autodafé
Alors que je viens de rentrer des livres aux Chiroux (une heure avant la fin de la date limite de retour), voici deux petites histoires bien croustillantes qui m'ont poussé à rentrer dans le droit chemin et m'ont ouvert les yeux sur ce à quoi j'échappais en respectant le règlement de la bibliothèque :
Les jambes de Heidi / Édouard Launet. - Libération ; jeudi 28 août 2008
Jusqu’au 6 août, l’été de la littérature et des lectures de plage avait été fort calme. Sur le sable breton, les enfants jouaient sous la pluie et le regard distrait de leurs parents, qui avaient emporté Proust mais lisaient Michael Connelly. Pas le moindre scandale en vue dans l’édition et, du côté de l’Université, rien de plus à signaler que quelques experts s’étripant autour du livre de James Hawes, Excavating Kafka, qui révèle quel usage l’auteur de la Métamorphose faisait des revues pornographiques auxquelles il était abonné : cris d’indignation des gardiens de la statue et, pour faire bonne mesure, instruction d’un procès en antisémitisme contre Hawes. Par ailleurs, un sondage auprès de 2 000 Britanniques nous apprenait qu’Enid Blyton était l’écrivain «le plus aimé» outre-Manche, loin devant Shakespeare (5e) et Dickens (6e), malgré les ignobles stéréotypes que véhiculent les aventures du Club des Cinq.
Jusqu’au 6 août, tout allait bien dans un monde propre lorsque, soudain, une voiture de flics s’est arrêtée devant le 1 511 Arapaho Avenue, dans le village de Grafton (Wisconsin). Cette banlieue chic du nord de Milwaukee a été désignée par le magazine Forbes comme étant le deuxième meilleur endroit d’Amérique pour élever une famille. Les officiers Goodearle et Cawley ont cogné à la porte puis collé sous les yeux de la dénommée Heidi Dalibor, encore dans la fraîcheur de ses 20 ans, un mandat d’arrêt en bonne et due forme. Ils ont immédiatement passé les menottes à la jeune fille et l’ont emmenée au poste pour relevé d’empreintes, photographie et séjour au frais. Le mandat G08-4397 stipulait que Ms. Dalibor devait être coffrée pour ne pas avoir rendu deux ouvrages empruntés à la bibliothèque municipale.
Heidi a un très joli sourire. Elle a aussi des jambes qui n’en finissent pas, son short brun-beige ne les occultant qu’en infime partie. La demoiselle est «étudiante en cosmétologie» et baby-sitter très appréciée du voisinage. Elle a ignoré plusieurs courriers de rappel de la bibliothèque, puis une convocation au tribunal. Face aux caméras des télés locales, Heidi Dalibor a reconnu ses torts. Sa mère, après avoir acquitté une amende de 171,94 dollars pour la libérer, a confirmé au New York Post : «Ma fille se reconnaît responsable de toute son irresponsabilité.» La presse américaine, qui hésite à en rire ou à en pleurer, a aussi interviewé le directeur de la bibliothèque (qui se félicite de cette fermeté), les flics (qui disent n’avoir fait que leur devoir) et quelques citoyens (qui rappellent que ces livres ont été achetés avec de l’argent public). La conclusion semble être que les menottes, c’était beaucoup, mais que l’arrestation était légitime.
Il n’est pas sûr que cette affaire incite à la lecture, dans un pays où cette pratique est déjà en chute libre. Cependant, sachant que les deux ouvrages que Heidi a oublié de rendre sont Anges et Démons, de Dan Brown, et Laurier Blanc, de Janet Fitch, on se dit qu’ils auraient dû coller un mois de taule à cette idiote.
http://www.liberation.fr/culture/livre/347938.FR.php
© Libération
Dans le même style, il y a la mamy qui refuse de rendre un livre qu'elle juge trop osé :
Grandma Refuses to Return Library Book, Could Face Jail Time
Qu'elle risque la prison sera peut-être vu comme un acte tout aussi extrême aux yeux de certains. Néanmoins, je me dis qu'on devrait aussi mettre en taule les créateurs d'Abunga.com*. Le concept est simple, ce magasin de livres en ligne permet à ses clients d'attribuer une cote à chaque ouvrage - un peu à la manière de Babelio qui me permet d'attribuer des étoiles aux livres que j'ai aimés - et ainsi, à terme, de retirer de la vente ceux qui ont récolté trop de votes négatifs! Abunga a été comparé aux nazis et à leurs autodafés et c'est bien de cela qu'il s'agit. En effet, on est ici dans une forme d'autodafé qui n'a pas besoin de feu pour nourrir ses flammes, le radicalisme suffit.
Après les scouts qui s'indignent et leurs banquets, voici Abunga.com, le premier site web qui permet de faire de vrais autodafés électroniques. Qu'on se rassure, leurs rayonnages sont toujours couverts par des titres tels que Sex and the City, la vie sexuelle de Catherine M,... tout espoir n'est donc pas perdu.
*info découverte sur abc news
29 août 2008
Traverses de lecture 5
Lecture entre confrères.

Fresque à l'Eglise Saint Martin de Liège © A. B.
17 juillet 2008
Histoire de stimulants, narcotiques, anabolisants, diurétiques et autres hormones peptidiques
A une époque où Jean-Marie devient - devant l'Eglise... traditionaliste - le Parrain d'une petite qui n'avait rien demandé ;
A une époque où le Cardinal Daneels écoute son iPod le soir dans son lit ;
A une époque où l'or noir porte son nom mieux que jamais ;
A une époque où le premier Ministre belge a arrêté de chanter la Brabançonne ;
A une époque où feu la famille royale russe sera bientôt buzzée ;
A une époque où Mons a obtenu le titre de capitale culturelle de l'Europe 2015 ;
A une époque où Cali a carte blanche aux Francos ;
A une époque où on a lâché une F1 dans les rues de Pampelune ;
A une époque où Siné et la marmaille du président voisin restent fidèles à eux-mêmes ;
A une époque où Fortis demande à ses clients où ils se situent sur la courbe ;
A notre époque, il y en a encore qui croient assez pour applaudir le passage du Tour...
La foi soulève des montagnes mais les miracles d'Hautacam ne sont pas ceux de Lourdes
© BAS CERWINSKI/AP in Le Soir du 15 juillet 2008
30 mai 2008
Quand une église se transforme en bibliothèque
Voici un bel exemple d'église-bibliothèque : l'église anglicane de Saint-Matthew, rebaptisée Bibliothèque Saint-Jean-Baptiste à Québec.
Un article paru sur le site internet des bibliothèques de la ville de Québec (téléchargeable ici (en PDF)) fait un bref historique du site. Si un jour je vais à Québec, je ferai le détour, c'est promis!
28 mai 2008
Pepinster 2008
L'exposition Chapelle d'artistes, une exposition à ne pas manquer. Tout d'abord à cause des noms qui s'y côtoient ensuite à cause de l'endroit et enfin à cause de la thématique qui y est abordée : L'art Sacré.
Les noms
Voici une liste non exhaustive des artistes dont on pourra admirer les œuvres : Braque, Buffet, Chagall, Cocteau, Folon, Giacometti, Matisse, Miro, Picasso,...
La dernière fois que j'ai vu Picasso et Miro ensemble, c'était au Palais des Beaux-Arts de Charleroi en 1985. Ils étaient accompagnés pour l'occasion de Dali dont l'œuvre, je l'ai vite deviné, allait définitivement marquer ma vision et aiguiser mon goût pour l'Art. Etait-il possible de rester insensible à cet univers unique qui me parlait peut-être encore plus à l'enfant que j'étais? Fourmis, montres molles, tiroirs, œufs, béquilles,... autant de thématiques récurrentes chez cet artiste qui a touché à toutes les formes d'art et de quelle manière! Comment oublier Un chien Andalou?
L'endroit
L'eglise Saint-Antoine-Ermite de Pepinster, fait partie des 100 merveilles de Wallonie et ses voûtes à elles seules suffiraient à le justifier.
© Institut Royal du Patrimoine Artistique
Comme le laissait sous-entendre mon premier message, les églises et les cathédrales sont un endroit où j'aime me perdre. Plus encore peut-être quand elles accueillent une expo ou que, une fois désacralisées, leur destination change et qu'elles deviennent un lieu strictement culturel dont l'atmosphère se prête particulièrement bien à cette nouvelle destination.
Une exposition à voir donc avant le 22 septembre!!!
14 mai 2008
Maastricht
Le dernier post de Daniel Garcia sur sa visite à la librairie "Selexyz" de Maastricht, m'a rappelé ces librairies et ces cathédrales qui nous assomment par la mémoire qu'elles contiennent. Sacrilège pour certains, l'essence même des cathédrales ne se retrouve-t-il pas dans la nouvelle fonction attribuée à celle de Maastricht?

La Philosophie © André Bailly
Portail du Jugement dernier
Notre-Dame de Paris
A la fois livre ouvert et livre fermé, une cathédrale, au Moyen Age, n'était pas qu'un lieu de prière. Point convergent de la cité, ce livre de pierre, par ses sculptures et ses vitraux, permettait au peuple de s'instruire et de, peut-être, grimper quelques-un des échelons qui mènent au savoir. L'église-librairie de Maastricht n'est-elle pas de ce point de vue la digne descendante des Cathédrales Gothiques?






